Rencontre avec Laurick Zerbini, spécialiste de l'histoire de l'art de l'Afrique Subsaharienne et auteure de l'ouvrage "L'Afrique noire en vitrines" (Hémisphères éditions, 2019).

À Lyon, à la fin du XIXe siècle, un dispositif institutionnel destiné à faire connaître les colonies est créé ; il suscite la constitution des premières collections africaines. Durant un siècle, les musées vont utiliser les objets pour nourrir leur propagande et affirmer leur rôle dans l’expansion de la France d’outre-mer. Les objets africains servent selon le cas de témoins du développement humain (salle d’anthropologie), d’indicateurs du savoir technique des populations (musées coloniaux), d’illustrations du paganisme (musées missionnaires) ou d’objets à valeur spéculative. Les expositions et les musées témoignent de cette histoire. S’ils ont contribué à ancrer stéréotypes et clichés, ils révèlent aussi l’évolution des regards au gré des intérêts ou des expériences.

Rencontre avec Laurick Zerbini, Université Lyon 2 (UMR 5190), spécialiste de l'histoire de l'art de l'Afrique Subsaharienne et membre du Laboratoire de Recherche Historique Rhône-Alpes (LARHRA,CNRS).